Autant pour la tranquillité

Entourée d’un mur de métal, bois et autres matériaux, couvert de pique surmontées de crânes edeniens ou de têtes de bots, la “capitale” du Mondor jouit d’une réputation… fleurie, à cause des nombreux clans de pillards et de raiders qu’elle loge. Cette ville abritant pas moins de 5000 individus, dont à peu près un tiers de bots, est tenue par quatre principaux clans aux “spécialités” différentes, qui se partagent la ville, découpant celle-ci en quatre districts claniques, et ce depuis un peu plus d’un siècle. Lors de leur installation, ils décidèrent de mettre en place un impôt plutôt prohibitif spécialement pour les “Bourges” (les riches marchands, principalement) tentant d’entrer en ville… Et d’en sortir. Et comme pour prévenir tout le monde de cet état de fait, il fut décidé que le nom de la ville serait Bourgeraque.
Les clans pratiquent une politique simple (soyons clair ça ne leur à pas effleuré l’esprit de faire autrement) ils ne pillent, ne volent, et n'attaquent qu’en dehors des limites géographique du Mondor. Leur propre région, ils préfèrent la piller par un système de taxes et d’intimidation des paysans… proprement. Et gare aux pillards étrangers qui tenteraient de piétiner  leurs belles plates-bandes, car le sort qui leur serait réservé serait bien pire qu’un simple impôt.

Les districts et les clans

La ville est divisée en cinq parties distinctes, séparées par des murs intermédiaires et des portes à péage. Au centre de Bourgeraque se trouve le Châteux. Non ce n’est pas une faute d’orthographe, c’est une grande bâtisse renforcée, surplombée par deux tours, le tout évoquant vaguement la tête d’un chat. Le Châteux est le siège du Bourgearque, chef suprême Mondorien. Le quartier qui entoure l’édifice est froid, martial, lourd, et plutôt sans intérêt pour flâner. Mais on y trouve toujours du boulot car l’administration de Bourgeraque a toujours besoin de volontaires pour des jobs pas franchement reluisants.
Chacun des quatre districts entourant le Châteux appartient à l’un des quatre clans majeurs : les Frappistes, les Ferreux, les Penseux, et les Voleux.

Le Bourgearque et ses Bourgistes

“Le clan de sa Seigneurerie est... comment dire… usé. Ben tu comprends, quand tu dois maintenir la cohésion entre plusieurs clans hautement spécialisés, et parfois antagonistes, ça fatigue. Surtout les Frappistes et les Penseux. Oh putain !
Ouais, en gros, pour résumer, c’est des mecs blasés, quoi.
Pourquoi ils ont buté Stivi ? Ah ben justement parce-qu’ils sont blasés. Ben oui, il était beaucoup trop joyeux.”

– Bobo le pas beau, Mekam’tar Taupe modèle.

Le leader incontesté (pour le moment) de la ville est un edenien d’une quarantaine d’années, moustachu à la carrure de bodybuilder, mais plutôt susceptible quant à sa taille. En effet, en dépit d’une largeur d’épaule absolument disproportionnée, il n’en reste pas moins un nabot d’un peu moins d’1,30m. Mais ne vous attardez pas dessus auprès de lui car il est assez suceptible à ce sujet. A tel point que dans l’enceinte de Bourgeraque, il est même illégal de mentionner sa taille, et les gardes du Bourgearque ont ordre d’emmener les contrevenants devant lui en personne afin qu’il décide de leur sort lui-même… Inutile de préciser que généralement, ça se termine mal. Toujours paré, lorsqu’il sort, d’un chapeau haut-de-forme en tweed marron du plus mauvais goût, il voue à ce couvre-chef une forme de superstition ou d’amour étrange et malsain. Peut-être parce que celui-ci lui permet de gagner pas loin de 30cm devant une toise. Va savoir... Pas de garde dans le coin, c’est bon ? Pfiouuu !
Au delà de sa taille, sa particularité principale est d’être obsédé par la lutte des classes. Enfin surtout la lutte pour sa propre classe. Pour lui le Mondor et Bourgeraque sont les petits du monde, opprimés par les bourgeois et les élites et c’est de là que vient son crad... crédo : “Voler aux riche pour voler aux riches”.
Il est l’archétype du raider brutal, mais par son intelligence également un peu plus élevée que la moyenne d’une part, et sa brutalité légendaire d’autre part, il domine les quatre clans de la ville, les montant les uns contre les autres, divisant pour mieux régner, et occasionnellement, collant une raclée exemplaire à un révolutionnaire en puissance pour dissuader les autres d’en faire autant.
Complètement cintré, le Bourgearque est persuadé d’oeuvrer pour le bonheur des gens du Mondor, ce qui est partiellement vrai. Il a permis au Mondor de retrouver une paix relative depuis la fuite de son prédécesseur, Sir Anno, mais pour autant, les taxes qu’il impose sont tellement énormes qu’elles ne laissent que les miettes au petit peuple rural, là où la ville concentre tout le reste, et lui-même tout particulièrement. Le Bourgearque est encore vaguement populaire auprès d’eux car nombreux sont ceux qui se rappellent encore de la misère horrible provoquée par son prédécesseur, mais pour combien de temps encore ?
Au sein même de sa ville, il est alternativement craint ou adulé, parfois même les deux en même temps. Il entretient un culte de la personnalité par le placard d’affiches de propagande et la diffusion de messages sur les ondes de la ville, et aime les démonstrations de force, les défilés, et les exécutions publiques, auxquelles il prend parfois personnellement part.

S’il peut sembler hyperactif et omniprésent, il délègue en réalité toutes les affaires administratives ennuyeuses de la ville à ses hommes, les Bourgistes. En ce qui les concerne, imaginez donc un groupe armé ultra-stylé, donnant dans les armures lourdes classes, les coiffures et les styles qui font peur... Des gonz, des gonzesses et des bots qui en impose, quoi. Mais qui n’ont pas un gramme de joie en eux. Avec eux pas de violence festive pour le plaisir, comme les Frappistes, ou de grosses fêtes bruyantes comme les Ferreux. Juste des soucis. Une chiée de soucis.
Bon ils sont riches, ça c’est pas mal. Mais ils ont la vie la plus maussade  du monde. Entre tâches pseudo-bureaucratiques, maintien de l’ordre, et recueil des doléances des clans, ils passent leur temps à écouter et régler des différends pourris entre personnes tout aussi moisies. Joie et cotillons.

En revanche, il ne faut pas croire que ça les rend softs et sympas. Houla non ! C’est plutôt à des tueurs froids et méthodique qu’il faut penser quand on se les imagine. Les types sont “efficaces”.
Dans Bourgeraque et le Mondor, ils jouent plutôt les garants des loies du Bourgearque. Mais quand ils en sortent il deviennent un genre de force de frappe / commando tueur. Et ça pique. Sévère ! Chez eux, pas de spécialisation. Avec leur entrainement sévère, ils sont passés pro dans tous les domaines. Sauf la conversation.

Les Frappistes

“Ah… Oui. Ah putain ! Comment te les décrire ces cons-là ? Mmmm…
Cons, déjà, c’est un bon début. Ben ouais, si tu veux, tous réunis, ces demeurés atteignent péniblement le QI d’une tanche...Te dire le niveau. Ah bah je te jure, l’aut’ jour, y’avait Jéjé qui me disait un truc juste sur eux : si les muscles et la sueur était en forme de cerveau, ces Bâtards seraient des putains de génies, mais pas de bol, ‘sont cons... Mais utiles !
Je peux pas te dire mieux. T’as besoin d’une force de frappe, va voir le Bourgerin et ses abrutis. Mais leur dit pas que c’est des cons, ça leur ferait de la peine… ’Sont fragiles.”

– Ed War, conseiller en balistique et solutions explosives.

Les Frappistes sont un clan de gros cons,  mais très très bien entraînés. Ça tabasse dur, ça tir loin, ça fait du grabuge. Mais alors résoudre un casse-tête, ou tenir une conversation qui ne parle pas de muscles, ou de protéines, ou de software boosts, c’est même pas la peine d’y penser.
Les Frappistes aiment la guerre, le pillage, et les miroirs. Ils sont complètement obsédés par le gain musculaire et la puissance physique.  Ensemble, ils forment la communauté la plus caractéristique d’adorateurs de La Bourrine. Pour eux, tous les Frappistes sont leurs frères… Pardon ! Leur “Bruh” !
Tirer à la mitrailleuse à une main en faisant des squats ? No problemo, Bruh !
Lire un bouquin ? Aïe Aïe aïe, Bruh…

Leur chef, le Bourgerin, est notoirement le plus balèze d’entre eux. Et l’actuel Bourgerin est une vraie bête. C’est un Edenien mutant ou un Anthro, extrêmement gros. En fait on n’en sait trop rien, mais le mec est gigantesque et brutal !
Son QI est celui d’un ado de 15 ans en pleine crise de virilité, mais sa puissance physique tient plus de celle d’un astéroïde te percutant la face de plein fouet alors que tu raidais tranquillement un village de pêcheurs.
Ce gars n’aime que deux choses : l'entraînement et la bagarre… Et il n’a plus besoin d'entraînement. En réalité, il dirige ses comparse, mais par grognements et bruits gutturaux, plus que par de véritables mots. A la différence de ses congénères il est toujours en mode grosse colère, donc méfiance.

En substance, le district des Frappistes est un gymnase à ciel ouvert de jour. On y voit brillent les lames, les biceps en sueur, et les balles. Au programme pour tout le monde : activité physique, entraînement, shaker de prot’, et miroirs.
Beaucoup de spécialistes des vêtement en cuir moulant et clouté se sont installés là-bas.
De nuit le quartier prend une autre apparence. Fait insolite, le Bourgerin actuel brasse la meilleure bière de Bourgeraque : la Frappist triple, un nectar bulleux à 18° d’alcool, que même les bots affectionnent tout particulièrement. C’est d’ailleurs en partie grâce à ça qu’il a été nommé chef des Frappistes. Partant de ce postulat, le district des Frappistes est LE district des bars et débits de boisson dans le coeur des Bourgeraquois.

A Bourgeraque, les Frappistes sont des personnes plutôt sympas, si on aime pas les conversations constructives. En revanche, ils sont plutôt fragiles et réagissent mal à la critique. Plus que tout, ils détestent les messieurs je-sais-tout. De fait, il haïssent les Penseux et des échauffourés éclatent 9 fois sur 10 quand les deux clans se croisent. Pour citer un “tectuel” Frappiste : “Les Penseux, ils ont pas une violence franche, Bruh. Ils intériorisent, et ça, tu sais, c’est mauvais pour le gain. Ca t’empêche de penser à ton corps. Ton corps c’est un temple, Bruh, et ta violence aussi.”

En dehors de Bourgeraque et du Mondor, c’est une autre histoire. Pillages, violence, et hurlements sur les gros véhicules plein de chrome que les Ferreux leurs préparent. De vraies furies, des fous dangereux, et parmi les bandits les plus redoutés dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres.
Ah c’est quelque chose à voir… Imaginez sur l’horizon du désert, ou d’ailleurs, une ligne de véhicule farcis de gros bots et de viandus engoncés dans du cuir noir brillant, suants à mort et hurlants comme des damnées, les yeux exorbités, le visage caché par des masques, etc. C’est unique.

Les Ferreux

“Ah, tu as une bagnole ? Cool. Ah, une 7U7U43. Belle bête. Ouais. ‘Manque un aileron derrière, non ? Puis un turbocompresseur. Quoi ? Oui je sais, elle en a déjà un de série, me prend pas pour un débutant. Mais ce turbocompresseur, il est où son petit turbocompresseur à lui, hein? Tu vas le laisser tout seul, comme ça ? Tu me dégoûtes…”
– 70U4C01NG, spécialiste des turbocompresseurs et des piques qui vont bien.

Besoin d’un mécano pas cher ? T’es en bon terme avec tout le monde à Bourgeraque ? Vas voir ces gars-là. Tu aimes le côté noir mat de ta caisse et son moteur d’origine ? T’aurais pas dû leur laisser en réparation. Prépare-toi aux suspensions surélevées, turbocompresseurs, motifs de flammes, vraies flammes, chrome rutilants, piques, pots d’échappement vidés, et en général, fumée noire épaisse. Mais les réparations seront faites, rassure-toi.
Ces gars aiment les clichés d’un amour trop intense. Mais le côté pratique… Not so much. Alors oui, ce sont des génies en mécanique, mais leur sens esthétique et de la modification est pour le moins radical.
Et pour ne rien gâcher, les Ferreux sont aussi doués au volant qu’en réparation...mais là, au moins, t’as pas le risque de te retrouver avec un char d’assaut façon Jacky tunning.
Tous les autres clans de Bourgeraque leur confient leurs véhicules (surtout les Frappistes qui partage leurs vues esthétiques… ou plus exactement, n’en ont aucun, eux non-plus), et ils gèrent une énorme flotte de muscle cars boostées, motos infernales, camions blindés, trains routiers à artillerie... Bref, des monstres de la route.

Ce district est une sorte de décharge/casse automobile/garage géant/zone industrielle en foutoir (rayez la mention inutile… Spoiler : il n’y en a aucune), parsemé de bars à musique violente et d’ateliers d’électro-tatoueurs. L’odeur de peinture, de métal, de scories et de carburants y est bien sûr omniprésente. Cela en fait le quartier privilégié des bots, des mécanos de tout poil et des vendeurs de boulons.
Dans l’ensemble les Ferreux sont des gens décents, mais ils sont obsédés par leur jobs. La surpopulation de bots dans le quartier le rend également assez instable, les débilités et les bugs respectifs de ses habitants s'additionnant et créant des effets aussi imprévisibles qu’inattendus, impactant parfois les autres quartiers par ricochet.

Les Ferreux élisent chaque année leur Bourgecano lors de la “Boonta Vir Ta Kess”. Pour l’instant, le titre est toujours aux mains de Vile Brodequin, une Edenienne très jeune, mais experte tant en pilotage qu’en mécanique, aux commandes de “La Violeuse d’Asphalte”, un mélange de moto et fusée tournant sur un moteur bicylindre de 1800cc, et en bonus un réacteur de navette pour, je cite, “aller un petit peu plus vite, des fois”. La bécane entièrement tôlée tient plus d’un truc futuriste qui aurait rencontré le prince de la rouille, mais il faut reconnaître que ça envoie le pâté sévère.

Mais si le Bourgecano est le chef incontesté dans les faits, il y a une personne dans le district dont personne, pas même le Bourgecano en titre, ne conteste le statut et les “conseils”, c’est le Bourgé. A l’image de la majorité du quartier, il est lui-même un bot, mais pas des moindres : c’est l’un des rarissimes (car plus fabriqués depuis le Grand Pinage) Méka’mtars aériens existants encore à ce jour, un avion de chasse hypersonique suréquipé, et également le meilleur mécano à des milliers de kilomètres à la ronde, capable, à ce qui se dit, de tout réparer et tout monter pour peu que le juste prix soit payé (et son juste prix est élevé). Le Bourgé n’est qu’un titre honorifique permanent qu’on lui a donné pour le dissuader de participer aux Boonta Vir Ta Kess car il serait totalement hors catégorie, mais nul n’ignore qu’il pourrait revendiquer le titre de Bourgecano à vie si l’envie lui en prenait, et tous le traitent avec déférence et respect. Fort heureusement, pour le moment, tout ce merdier le laisse de marbre.

Les Penseux

“Hahahahaha ! Oui, je comprends ton point de vue, mais personne ne meurt. Nous sommes atomes et matière, et tout retourne dans la grande roue de l’univers. Et toi aussi. Quoi? Oui 3L0C ? Non, bien vrai, je préfère ma tirade à “Mange mon fusil à clou tarlouze”. Déjà c’est vulgaire, puis c’est pas classe. Tu me saoule là, 3 ! J’ai mes catch phrases, et puis c’est tout ! Je les prépare moi. Oh putain ! Et voilà… voilà qu’il se barre… Putain, mais tu me gonfles avec ça !
Je parle ! C’est moi qui m’occupe des phrases cool. Moi j’ai une tête, bordel. Toi, continue de faire des bisous à tes techno-biceps…”

– Lair Udi, assistant du Bourgedoc, spécialiste de la diplomatie, du commerce, et des catch phrases contestables.

Les Penseux se targuent d’êtres des érudits et des philosophes, et ne manquent pas de s’en vanter et de rabaisser ceux qu’ils jugent idiots. La vérité c’est qu’ils sont juste un peu moins cons que la moyenne. Pas de quoi parler d’érudition. Leur clan est avant tout un imbroglio “d'intellos” allant du médecin en passant par les diplomates, savants fous et autres chimistes ratés. Leur truc, à ce qu’ils en disent, c’est de savoir.
Le fait est que les Penseux savent mieux que tout le monde comment passer pour des connards prétentieux, hautains, et pédants qui s’amusent de la bêtise sans être capables de la discerner chez eux-mêmes. Et ça les rends particulièrement énervants. A ce titre, ils se frittent régulièrement avec les Frappistes qu’ils jugent de loin inférieurs à eux question intellect, et qui n’ont de toute façon aucune espèce de répartie en plus d’un amour-propre vacillant.

Leur district est peut-être le moins cradingue de la ville, et le mieux tenu, cependant. La population de ce district doit respecter un certain standing, tant sur le plan vestimentaire que sur celui de l’élocution. Les marchands d’une certaine classe l’affectionnent tout spécialement et c’est dans ce quartier qu’on peut acheter les biens les plus en vue.
Du reste, le quartier alterne lieux de rencontre en plein air où débattent les “Fils aux offres” – la classe marchande des Penseux – et les “Embrassadeur” – des diplomates qu’on reconnaît à leur brassard et à leur fâcheuse manie de vous claquer la bise pour saluer même les inconnus.
Niveau commerces, on y trouve principalement des ateliers d’herboristes, des cabinets de médecins, des labos de chimistes, des magasin de fournitures en tout genre, et des coffee shops, parce-qu’on ne fonctionne pas sans café, bordel.

Qu’on ne s’y méprenne pas, à l’extérieur des murs de Bourgeraque, ces cons-là passent, à raison, pour des savants eugénistes fous, des vendeurs d’esclaves, des violeurs et des arnaqueurs en série. Tu vois les clichés de scientifiques qui vivisectionne des petites filles, tout en les violant et en récitant des poèmes sur les fleurs ? Non ? C’est parce-que tu les as pas encore vus dans toute leur splendeur.
Mais intra-muros, et dans le Mondor en général, ils sont vus (ou du moins ils se voient) comme l’élite “intello”, et du coup ils laissent un peu leurs petits vices au placard pour se montrer sous un jour tout à fait fréquentable.

La chef des Penseux, la Bourgedoc, personne ne sait trop comment l’approcher. C’est une femme d’une trentaine d’années qui tient plus de la savante folle à enfermer que de la gentille doctoresse. Sa passion pas si secrète, c’est les chimères. Tu vois le genre ? Enfants à six jambes, hommes-araignées... Elle pratique des expériences moyennement éthiques à base de mutagènes, de radiations, de greffes, le tout basé sur un trafic d’êtres humains triés sur le volet. On lui attribue d’ailleurs quelques disparitions plutôt louches dans la ville, mais rien n’a jamais été prouvé. Elle est depuis 10 ans à la tête des Penseux, moins par pure compétence de leader que parce-que personne n’ose lui tenir tête ou tenter de la destituer.

Les Voleux

“Ouais les Voleux c’est un problème en ce moment. Ils m’ont tellement tout piqué que je me trimbale plus avec un seul cube sur moi ! Oui, je sais, il a l’air d’y avoir quelque chose dans ma bourse à cubes. Tiens, regarde. Ouais c’est un mouchoir... Pour que le Voleux qui me la piquera puisse sécher ses larmes.”
– Ôrega, spécialiste de l'événementiel chez les Penseux.

Enfin du brigandage à l’ancienne, du tire-laine, du voleur de qualité, du fiéfé filou farfelu fier de son forfait. Les Voleux sont des ombres, des courants d’air passant derrière toi en soulevant ton kilt, dévoilant ton cul glabre juste par le bruissement de leur passage.
Les Voleux constituent le clan le plus réduit et le moins formel de Bourgeraque. Spécialistes de la dissimulation, du larcin, de la reconnaissance, et de l’assassinat, on pense que la quasi-totalité d’entre eux vénèrent La Buse. Force est de constater qu’ils ont fait du vol un véritable art. Contrairement aux membres des autres clans, les Voleux sont peu nombreux à s’afficher comme tels. D’ordinaire, ils préfèrent se fondre dans un autre clan, ou dans une autre communauté extra-muros pour lui subtiliser un maximum de secrets et de biens, ou dégommer leur cible avant de se faire découvrir et de détaler, et ce dernier cas de figure arrive très rarement. Les Voleux qui revendiquent leur appartenance au clan sont généralement les receleurs dont les étals parsèment çà et là les rues plutôt animées du district, les “fixeurs” (ceux qui récoltent les contrats puis mandatent des exécutants) et le leader du clan : Le Bourgeleur.
 
Il va de soi que tous les autres clans redoutent les Voleux, et en parlent souvent en des termes peu élogieux. C’est d’ailleurs ceux qui en parlent qui ont fini par renommer le clan ainsi, car il fut un temps ou ce clan se nommait sobrement “Les Voleurs”, mais de railleries linguistiques en élocution hasardeuse, tout le monde a adopté le terme de “Voleux”, et le clan a fini par le reprendre à son compte.
Les Voleux, ou du moins les gens du quartier, ont des profils plutôt variés, aussi bien discrets et mutiques, que bruyants et affables.

Leur chef, le Bourgeleur, est un homme chauve d’apparence frêle, et à l’âge indéfinissable, peut-être l’individu le plus intelligent et rusé de la ville, si ce n’est de la région, et sait manier aussi bien sa langue (en tout bien tout honneur) que sa dague, ce qui n’est pas peu dire. Ses sbires lui vouent un puissant respect et lui-même les traite avec une grande compassion.
Passer un marché avec lui peut s’avérer une opération fructueuse ou totalement désastreuse, mais vous ne le saurez jamais avant que les fruits du deal retombent mûrs à souhait ou pourris jusqu’à la moelle. Dans tous les cas, un tel pacte n’est jamais à son désavantage.

Le district des Voleux est le plus petit d’entre tous mais pas forcément le moins recommandable. C’est un ensemble de bars à drogues et à danseuses, de restaurants en plein air, et de nombreux étals marchands. A vrai dire c’est même le district le plus sympa et le plus sûr de tous. La loi des Voleux leur impose de ne jamais commettre leurs forfaits au sein même de leur district, ce qui le rend plutôt sûr pour les marchands de moindre richesse qui viennent se mêler aux receleurs, si bien qu’on ne sait plus, sur les marchés Voleux, qui est honnête, et qui ne l’est pas... L’honnêteté étant, de toute manière, un concept tout relatif sur Eden.

Les Fantômes du passé

Il y a encore deux décennies, Bourgeraque était aux mains de la famille De Bourgeraque, une série de bots (la série 280U4J34AQU3) aussi cons que dangereux, répondant aux ordres de Sire Arno de Bourgeraque. Sous son règne, le Mondor fut proche de rejoindre les autres régions d’Eden sur la très longue liste des régions stériles et dévastées, n’accordant aucune considération aux besoins les plus élémentaires de ses “sujets” et laissant dépérir les cultures, les troupeau et le paradis pacifique qu’aurait du être le Mondor. Les bots eux-même n’étaient pas épargnés par la gestion despotique des De Bourgeraque, qui s’accaparaient toutes les ressources et les pièces détachées pour les revendre à prix d’or.
C’est alors que celui qui allait devenir le Bourgearque, ainsi que les chefs des clans majeurs et mineurs du Mondor fomentèrent une révolte qui força la famille De Bourgeraque à fuir la ville, la queue entre les jambes. Pour être parfaitement exact, seul Sir Anno parvint à fuir et à survivre. De sa famille, rien d’autre ne survécu à la suite de la révolte, dont on se souvient aujourd’hui sous le nom de “Bourgerie”
Depuis son retrait forcé du pouvoir, Sire Arno s’est installé en bordure du Mondor, non loin du Désert Gris-Bleu et dirige une petite armée d’espions et de sympathisants, essayant tant bien que mal (surtout mal) de recruter des troupes pour renverser le règne du Bourgearque usurpateur.
Assassinats, espionnage, sabotages, campagnes de diffamation et guérilla sont le genre de tactique qu’il aime employer, et ses sbires, les “Nazos” les appliquent docilement sans poser de question, bien que jusque-là ça n’a pas suffi.

Sire Arno de Bourgeraque

“C’est un roc ! C’est un pic ! C’est un cap ! Que dis je, c’est un cap… C’est un… Calibre 45 semi-automatique à compensateur de recul et refroidissement liquide forcé, fils de pute !”
Sire Arno de Bourgeraque, après une remarque sur son imposant appendice nasal, et juste avant le décès impromptu d’un edenien trop sûr de lui.

Sire Arno est un seigneur à l’ancienne, baigné dans les mots de la noblesse d’antan, il est persuadé d’être un noble sire mais n’est en réalité qu’un seigneur de guerre dévoyé et passablement tavelé.
Après avoir perdu son trône de Bourgeraque, il s’est installé à la frontière du Mondor dans le Château des Moissons, un ramassis de morceaux d’épaves de machines agricoles géantes, ré-arrangées en ce qui ressemble vaguement à un manoir bourgeois.
De là il envoi ses quelques sous-fifres tenter d’étendre son influence sur Bourgeraque et même au delà, complotant pour reprendre son titre de Bourgemestre aujourd'hui usurpé par le Bourgearque.
C’est un Antique Robomir arborant une tenue colorée sur sa carlingue défraîchie, un chapeau à larges bords paré d’une plume d’aigle arboricole, mais le trait de plus caractéristique de sa personne est un appendice nasal d’une longueur absurde, cachant en réalité une nez-traillette, arme automatique de calibre 45, d’une précision et d’une cadence redoutables, refroidie par l’évacuation de la vapeur et des gaz de combustion au bout d’une palanquée de tuyaux à l’apparence de moustache.
Duelliste accompli, il aime se battre à la rapière, sa propre épée étant une arme de maître qu’il nomme Arfomaj.
Sire Arno est un bon vivant plutôt affable, car affublé de la débilité “Mon pote !”. Il n’en reste cependant pas moins un fou dangereux persuadé d’avoir les seules vraies solutions à tous les problèmes, la violence jouant généralement un rôle prépondérant dans lesdites “solutions”.

Point d’intêrets

Le F•er •ailleur

C’est la boutique de Phil Hiber, le “Fier Tailleur”, meilleur tailleur de la région, mais suite à la perte de certaines lettres de son enseigne, les gens se fourvoient quant à sa réelle activité, et plus personne ne vient lui demander de travailler le tissu. A la place, tout le monde vient lui vendre ou lui acheter de la ferraille. Au début, il envoyait systématiquement bouler tous les prospecteurs et marchands d’opérette à grand renforts de coups de latte, les forçant bien souvent à abandonner chez lui les produits qu’ils étaient venus vendre pour courir plus vite pour leur survie. Mais le temps passant, les commandes de costumes se firent de plus en plus rares, et pour éviter la disette, Phil Hiber se retrouve parfois obligé de vendre quelques pièces de ferraille. Il est néanmoins toujours aussi exécrable avec ceux qui tentent de lui vendre de la ferraille, si ce n’est plus encore qu’avant, aigri également par toutes ses tentatives infructueuses de réparer son enseigne. Est-ce le destin, ou un petit plaisantin qui fait régulièrement tomber ces lettres ?

Chez Boum

Boum est un nabot qui tient le magasin de “Kipètes” (son petit mot à lui pour désigner les explosifs) le plus fameux de tout le district des Frappistes. Ne vous fiez pas à sa taille, Boum est vicieux et brutal, et ceux qui tentent de négocier chez lui repartent généralement les pieds dev…aux quatre coins d’une jolie boîte imitation sapin.

Le Kaputt chez nous

Meilleure taverne et auberge de la région, d’après les Frappistes. Attention, les boissons y sont fortes, et les piliers de bar instables. Et réciproquement. Bastons et comas garantis.

Ici

Magasin de fournitures générales du district des Penseux. On peut y trouver à peu près tout ce que l’on veut (à des prix justes), hormis des armes et des pièces électroniques… Pour peu qu’on trouve déjà le magasin. Celui qui a disséminé des cartes des boutiques dans le quartier ayant eu la facétie de noter “Vous êtes ici” sur chacune d’entre elles, à de nombreux points différents, tout le monde s’embrouille sur la localisation exacte du magasin. Du coup le trouver est presque une quête secondaire en soi.

Tom Fazel

Évidemment qu’il est là. Le marchand le plus omniprésent d’Eden ne pouvait pas manquer d’ouvrir l’un de ses comptoirs à Bourgeraque. Et croyez-le ou non, c’est toujours lui qui vous sert.

Le Bulot

Bar à alcoves pour trouver du boulot dans le district des Voleux. Les fixeurs et les employeurs de tout poils s’y déplacent ou y affichent des tracts lorsqu’ils ont du boulot à pourvoir, et pour peu qu’on soit prêt à accepter n’importe quoi, on repart toujours avec un job.
Ou une gueule de bois.
Eh oui, ici on ne sert que de l’alcool, pas d’eau. Du coup, sur l’enseigne, on a aussi servi “boulot” avec moins d’O. Bref…

Le Mort du Fond

Tenu par l’association Acre Buse, le Mort du Fond est un rade plutôt maussade du quartier du Châteux qui a pour particularité d’abriter depuis toujours un cadavre d’Edenien mort sur sa chaise, à la table en bout de sale. Mais celui-ci n’a jamais été déplacé car, pour des raisons qui dépassent l’entendement, il prend parfois la parole lorsque des personnes volontaires prennent place à ses côtés, et leur donne du travail. Quelqu’un contrôle-t-il le Mort du Fond ? Les boulots qu’il donnent profitent-ils à un quidam de l’ombre ? Ça personne ne le sait. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que l’association se charge de rémunérer les boulots et que ça paye généralement bien. Et puis, bordel, un macchabée qui cause, c’est quand même une sacré attraction en soi, même dans le bar le plus chiant qui soit.